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Les piétons : une cohabitation nécessaire 
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Les piétons : une cohabitation nécessaire 

Service : Information et Sensibilisation Publics : Piéton, Pouvoir public, Professionnel Thématiques : Aménagements, Marche utilitaire, Voiries temps de lecture 4 min 30 sec

La communauté piétonne est la plus grande de Wallonie, avec près de 4 millions d’individus. Pourtant, le piéton n’est pas au cœur de la réflexion de l’aménagement de l’espace public. Il devient alors nécessaire de le redessiner en pensant le piéton comme point de départ, selon le principe STOP. Cela ne doit pas exclure les autres mobilités, avec lesquelles la cohabitation doit être favorisée. 

Que l’on soit seul ou en groupe, qu’il s’agisse d’un trajet court ou long, nous sommes tous piétons tous les jours. En 2017, la marche ne représentait pourtant que 3% des kilomètres parcourus par les Wallons ! Cela est peu, mais s’explique par le fait que la marche est un mode de déplacement privilégié pour les courtes distances. Le gouvernement wallon marquait en 2017 sa volonté d’augmenter la pratique de la marche, avec pour objectif d’atteindre 5% des kilomètres parcourus à pied d’ici 2030 (Vision FAST). 

Pour développer la culture piétonne, utilitaire et de loisir, il est nécessaire de travailler sur la qualité de l’espace public pour les piétons. Cela doit bien évidement considérer les besoins des piétons, mais également leur cohabitation avec toutes les mobilités se rencontrant dans l’espace public. 

Être piéton, qu’est-ce que c’est ? 

D’après le code de la route, un piéton est une personne qui se déplace à pied, mais sont assimilées au piéton : les personnes en fauteuil roulant, conduisant à la main une bicyclette ou une brouette ! La marche est donc un mode de déplacement à part entière, avec ses propres caractéristiques. 

Il n’y a pas de profil type du piéton et ses besoins varient : nous ne nous déplaçons pas de la même manière quand on promène son chien, quand on est malvoyant, ou quand on est un enfant. 

Le piéton est relativement lent (environ 5km/h) et peut changer de direction rapidement : il s’arrête, évite un obstacle au dernier moment, et suit le chemin le plus court ou le plus agréable. 

Ces comportements varient également selon la raison du déplacement : un parent déposant ses enfants à l’école du village ne se déplace pas de la même façon qu’un groupe déambulant devant des vitrines en centre-ville. 

La cohabitation  

Tout d’abord, les piétons sont amenés à cohabiter ensemble ! Cela peut paraitre évident, mais nous nous coordonnons pour ne pas nous bousculer. Viennent se rajouter les cyclistes, cavaliers et trottinettes, se distinguant par leur vitesse supérieure et par des changements de direction plus lents. 

Enfin, la cohabitation avec les transports en commun et plus particulièrement les automobiles est la plus souvent pointée comme problématique, cela est notamment dû au nombre important de véhicules et à la différence de vitesse et de taille. 

Considérant les différences entre les modes de déplacements énoncés, le manque de visibilité et parfois d’attention, il existe des risques de conflits – voire d’accidents – entre les usagers. Malgré cela, la cohabitation est essentielle pour un accès inclusif à l’espace public. Il y a donc un enjeu majeur à penser des aménagements de qualité pour le partage de l’espace.  

Les aménagements 

La cohabitation se définit par les usagers, mais aussi par l’espace où ils se rencontrent : le piéton n’est pas toujours sur le trottoir ! Il rencontre d’autres types d’usagers sur les espaces partagés entre modes actifs (chemins et zones piétonnes), espaces partagés multimodaux où une même voie accueille tous les modes (zones 20), Ainsi que sur les traversées et espaces intermodaux (passages piétons, arrêts de bus, parkings). 

Afin de réduire au minimum les risques de conflits, il est judicieux de suivre le principe STOP. Reconnu en Wallonie en 2019, il place les usagers vulnérables au cœur de la réflexion et assure ainsi un confort optimal pour les déplacements actifs, meilleurs pour la santé et l’environnement. 

Par exemple, une zone 20 permet la présence de tous les modes en réduisant la vitesse de circulation. Au-delà d’encourager l’utilisation de modes alternatifs à la voiture et favoriser les contacts humains, cela permet une adaptation des comportements des usagers à la dynamique piétonne : le piéton peut alors profiter de toute la largeur de l’espace, lieu plus sûr et plus confortable, tout en permettant le passage de véhicules. 

A terme, les zones 20 sont aménagées de plain-pied, avec du mobilier urbain diversifié pour agrémenter l’espace : de la végétation, des espaces de repos, de l’espace libre pour des événements, voire des jeux. 

On peut donc affirmer que les zones partagées sont des aménagements alléchants : un premier pas vers une bonne application du principe STOP où les piétons sont prioritaires dans un espace plus sécurisé et où tous les modes sont invités. Ce n’est pas la solution miracle dans tous les territoires et contextes, où il sera nécessaire de travailler au cas par cas, sans compter le travail du détail (revêtement, mobilier, connexions avec les quartiers alentours, etc.).