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NAMUR - Un passage pour usager doux sur la Meuse, rêvons un peu...
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NAMUR - Un passage pour usager doux sur la Meuse, rêvons un peu...

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Si les villes Wallonnes sont encore à des années lumières de Copenhague ou de Stockholm en matière de mobilité douce, la ville de Namur mérite d’être encouragée pour ses efforts soutenus en vue d’améliorer le sort des cyclistes et des piétons. Il ne s’agit donc plus, comme par le passé, d’aménager quelques sites au petit bonheur et sans conviction, mais bien d’établir une politique de mobilité douce digne de ce nom au travers des Plans Communaux de Mobilité (PCM), le Plan namurois du Vélo ou encore, du futur Schéma de Structure Communal.

Lors du diagnostic établi dans le cadre de ces plans, on constate qu’il existe des zones urbaines proches géographiquement et pourtant si lointaines tant le passage de l’une à l’autre est rendu difficile par des barrières physiques. Citons par exemple la gare séparant le quartier de Bomel du centre-ville (pour les cyclistes), le relief de la Citadelle ou encore la Meuse séparant le centre-ville au centre de Jambes.

Un axe Jambes – Centre-ville pour usagers doux

Jambes se situe sur la rive sud de la Meuse en vis-à-vis de la corbeille (le centre-ville historique de la ville) et est devenue le siège de plusieurs administrations de la Région Wallonne. Avec le temps, son urbanisation s’est fortement développée ainsi que les problèmes de mobilité. Pour y remédier, la ville de Namur a doté Jambes d’un plan de mobilité concerté avec la population. Un des projets proposés dans le cadre de ce plan est la mise en place d’une passerelle pour usagers doux reliant les deux rives de la Meuse au niveau de la place du Grognon. Cette passerelle serait le dernier chaînon d’un véritable axe central nord/sud de mobilité lente.

Simple passerelle ou véritable pont piétonnier ?

Cette construction pourrait non seulement remplir son rôle au niveau de la mobilité, mais si elle est bien conçue, pourrait aussi devenir un lieu important de vie sociale et de réappropriation du fleuve par les habitants, les fonctionnaires et les visiteurs. Plutôt qu’un simple RAVeL suspendu à l’architecture hasardeuse et peu aisée à intégrer dans ce cadre particulier, nous pourrions imaginer un « Pont des Arts » namurois dont la fonctionnalité dépasserait largement le cadre de la mobilité.

Certes, il ne s’agit pas de copier bêtement l’architecture XIXème siècle de ce prestigieux pont parisien, mais plutôt de se demander pourquoi est-il si agréable et convivial pour un piéton ou un cycliste de le parcourir et surtout d’y flâner et de s’y arrêter.

En observant bien l’ouvrage, nous pouvons déjà émettre quelques remarques :

  • le pont est plat et ne donne pas l’impression d’en être chassé aux extrémités par la gravité. Cette caractéristique prend toute sont importance pour la circulation des personnes à mobilité réduite ;
  • le pont est large et permet aux utilisateurs de pouvoir s’y arrêter sans obstruer le passage. La liaison douce Jambes – Centre-ville risque bien, à terme, de drainer beaucoup de monde. C’est tout le bien qu’on lui souhaite et il serait dommage que le passage mosan soit un goulot victime de son succès ;
  • le tablier du pont est en bois et les rambardes sont en treillis métallique. Le tout conférant une impression de légèreté et de sobriété aux utilisateurs. Cette impression est agréable et permet de ne pas être totalement isolé de l’eau et de son côté apaisant tout en y apportant une touche rappelant le métier des bateliers ;
  • le pont est aménagé pour pouvoir y accueillir les gens plus longtemps qu’une simple traversée. En effet, les bancs et les animations engagent le public a utiliser l’endroit comme une véritable place publique propice aux activités culturelles ou sportives.
  • le cadre général est prestigieux et l’endroit offre un point de vue paysager incomparable. La citadelle n’est pas Notre-Dame de Paris, mais la vue panoramique sur ce patrimoine exceptionnel, sur le pont de Jambes et le reste de la ville en vaut bien la chandelle ;
  • le pont n’est pas suspendu ou à haubans, mais à voûtes. Cette caractéristique structurelle permet de mieux intégrer le pont dans son environnement urbanistique et historique sans donner l’impression au public d’être « écrasé » par des constructions imposantes qui isolent du paysage tout en le dénaturant. Les techniques et matériaux modernes permettent de réduire au maximum le nombre de piles (supports).

La fonction de cette passerelle ou pont dépendra donc fortement de la manière dont il sera conçu. Simple passerelle fonctionnelle ou véritable pont vivant ? La question mérite d’être posée aux décideurs. Il ne s’agit pas de traverser une vulgaire autoroute. L’enjeu urbanistique et le cadre prestigieux du projet le méritent bien.

© Marc Ronvaux
© Marc Ronvaux

Auteur : Christophe Danaux – Sentiers.be