Tous à pied

La grande ortie

Considérée par la plupart d’entre nous comme une mauvaise herbe, la grande ortie (Urtica dioica) est une mal-aimée qui cache pourtant bien des trésors.

Une pouponnière à insectes

La grande ortie est avant tout un véritable refuge pour la biodiversité. Les massifs d’orties créent des zones de protection pour une multitude d’insectes (chenilles, coléoptères, mouches, punaises,…). Ces zones sont également des lieux de ponte pour plusieurs espèces de papillons, comme le Paon du jour, le Robert-le-Diable ou encore le Vulcain.

Zoom sur le Vulcain

Le Vulcain (Vanessa atalanta) effectue généralement une migration en automne, vers le sud de l’Europe ou l’Afrique du nord. Il confie ses chenilles à la grande ortie, qui une fois métamorphosées en papillons, feront le chemin inverse au printemps. Dans les régions où l’hiver est clément, le Vulcain se contente d’hiberner. Les jours ensoleillés, il lui arrive de sortir de sa cachette pour virevolter en plein cœur de l’hiver.


L’aspect protecteur de la grande ortie lui vient principalement de deux caractéristiques. D’une part, son pouvoir urticant qui lui permet de ne pas être dévorée par les ruminants. D’autre part, une propagation rapide due à ses rhizomes traçants. Les rhizomes sont des tiges souterraines remplies de réserves nutritives. Ils permettent à la plante de se multiplier par reproduction végétative, c’est-à-dire que la plante-mère produit des clones tout autour d’elle sans passer par la fécondation, qui est réservée à ses fleurs. C’est ainsi que l’ortie forme de grands tapis, au sein desquels les insectes se trouvent en sécurité.

Les tapis d’orties sont donc capitaux quant à la survie de plusieurs espèces d’insectes.

Mais aussi une bombe nutritive !

La soupe d’orties vous évoque certainement quelque chose… Elle est à consommer sans modération ! Dans nos régions, l’ortie figure en haut des plantes apportant le plus grand nombre de bienfaits à notre corps.

Elle est reminéralisante en raison de sa richesse en minéraux : fer, calcium, potassium, silice,… Un haut taux de fer y est associé à une forte teneur en vitamine C, ce qui facilite l’absorption de ce type de fer par notre corps. Avis aux personnes souffrant d’anémie !  Elle possède également beaucoup d’oligo-éléments : cuivre, zinc, manganèse,…

De plus, les feuilles d’orties contiennent jusqu’à 40 % de protéines dites « complètes » (contenant les acides aminés essentiels). Très peu de plantes atteignent ce taux impressionnant !

Enfin, on murmure que les brûlures d’orties sont bonnes pour la circulation… Il faut en réalité savoir que c’est en la mangeant que l’on pourra ressentir ses effets drainants.

Bien qu’ayant des défauts certains, Urtica dioica nous invite à l’apprécier pour ses nombreux talents cachés !