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Un bon piéton est un piéton vivant
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Un bon piéton est un piéton vivant

Service : Information et Sensibilisation Publics : Particulier, Piéton, Pouvoir public Projets : Brevet du piéton - lacet vert, Chemins des Écoliers, Pédibus, Visibilité des Piétons Thématiques : Aménagements, Législation, Marche utilitaire, Mobilité, Sécurité routière, Voiries temps de lecture 4 min 55 sec

On l’a testé pour vous

et on vous déconseille de le faire si vous ne voulez pas plomber toutes vos journées : une alerte google avec le mot clef “piéton” conduit à recevoir quotidiennement des articles de presse titrant « un piéton écrasé sur un passage piéton », « un piéton renversé par un chauffard », « une collision entre un piéton et une camionnette fait un mort »… 

Au-delà des titres, il y a aussi les chiffres (pas beaucoup plus réjouissants) mais qui permettent de mieux comprendre les caractéristiques des accidents impliquant des piétons et donc potentiellement les mesures à mettre en place pour que les alertes google envoient plutôt des articles titrant « Un nouvel aménagement piéton permet de gagner 20min de trajet », « Un piéton gagne 2 ans d’espérance de vie en marchant tous les jours”…

Au sujet des chiffres,

l’AWSR a sorti un rapport fin de l’année passée reprenant de façon spécifique les caractéristiques des accidents impliquant des piétons. Reprenant l’évolution des données depuis 2016, on y apprend notamment qui sont les piétons accidentés. 

Ainsi, 25% des piétons tués ou blessés sont des enfants ou ados (entre 0 et 17 ans), 18% des piétons tués ou blessés sont des seniors (65 ans et +). Un piéton décédé sur deux est un senior et 52% des piétons tués ou blessés sont des femmes. Il s’agit du seul mode de déplacement comptant plus de victimes féminines que de victimes masculines. 

À ce sujet, on peut dire que Tous à Pied est sur la balle. En effet, s’il nous parait primordial que les enfants puissent acquérir un maximum d’autonomie dans leurs déplacements, cela ne peut se faire que si leur sécurité est garantie. Des projets comme le lacet vert, le pédibus ou encore le chemin de écoliers permettent la mise en place d’une dynamique positive en conscientisant dès le plus jeune âge les enfants aux réflexes à avoir pour marcher en sécurité et en proposant des aménagements adaptés à chaque situation spécifique aux abords des écoles. 

De même, l’espace public n’a pas été pensé par et pour les femmes alors que celles-ci ont tout autant besoin de circuler à pied que les hommes. Elles le font d’ailleurs beaucoup de par leur engagement à souvent s’occuper des trajets scolaires, des petites courses… du fait qu’elles utilisent aussi beaucoup les transports en commun. Être piétonne est aussi un droit qui doit pouvoir s’exercer en toute sécurité.  

Un autre chapitre du rapport indique que les 9 communes wallonnes qui comptent plus de 50.000 habitants recensent à elles seules 43% de tous les accidents piétons. Ainsi, 9 accidents de piéton sur 10 surviennent en agglomération et 84% d’entre eux surviennent sur des axes limités à 50km/h et 9% sur des axes limités à 30 km/h. Il est en effet rare de voir circuler les piétons en bord d’autoroute. Mais passé ce constat évident, c’est ici que le plaidoyer pour les villes à 30 km/h prend tout son sens. Pour rappel, l’abaissement de la vitesse de 50 à 30 km/h permet de réduire le risque d’accidents et la gravité de ceux-ci : 

  • Une distance de freinage réduite :  À 30 km/h, il est possible de s’arrêter sur 13 m.  À 50 km/h, cette distance de freinage est doublée. 
  • À 50 km/h, le taux de probabilité qu’un piéton soit tué est de 70 %, équivalent d’une chute du 3ème étage. À 30 km/h, ce taux tombe à 10%, équivalent d’une chute du 1er étage. 
  • Plus la vitesse de conduite est élevée, plus le conducteur regarde loin devant. À 50 km/h le conducteur concentre son regard sur la route. À 30 km/h, son champ de vision est élargi : il peut aussi observer les abords de la chaussée et remarquer ce qui s’y passe. 

Vient aussi la question du « quand surviennent ces accidents ». Ici, avec une certaine logique, on apprend que 3/4 des accidents ont lieu les jours de semaine avec des pics au moment des heures de pointe. Que les conditions météo, les dégradations de chaussée et la faible luminosité renforcent le caractère grave de l’accident sans en augmenter la fréquence. Et enfin, que davantage d’accidents se passent en automne et en hiver avec une forte concentration d’accidents les fins de journées des mois de novembre et décembre. 

Il y a donc un enjeu important à sensibiliser tant les piétons que les automobilistes à la baisse de visibilité durant la période d’hiver. TAP mène donc chaque année, une campagne visant à rappeler les gestes de base pour que les piétons soient vus et se fassent voir. 

En Wallonie, on recense annuellement 1.400 accidents corporels impliquant un piéton à l’issue desquels 40 d’entre eux décèdent et 130 sont grièvement blessés. De plus, pour une même distance parcourue, le risque d’être tué ou grièvement blessé dans un accident est 8 fois plus élevé pour un piéton que pour un automobiliste. 

Les piétons sont les personnes les plus vulnérables en cas d’accident.

Il est donc essentiel que toutes les réflexions et aménagements qui concernent la mobilité favorisent en priorité la marche à pied. C’est ce que l’on appelle le principe STOP,  qui a pour but de ne plus prendre la voiture privée et individuelle comme point de départ mais de la remplacer par les piétons que nous sommes toutes et tous au quotidien. Il n’y a pas de fatalité, un·e piéton·ne blessé·e ou tué·e, c’est déjà un·e de trop, surtout quand les solutions sont à portée de pied (oui de main, c’était moins drôle et on voulait finir moins déprimé qu’on début de l’article).