En ce mois d’octobre 2019, avait lieu comme chaque année la conférence internationale sur la marche (“Walk 21”), qui se tenait à Rotterdam au Pays-Bas. Vu l’importance de l’événement et la proximité du lieu d’organisation, Tous à Pied se devait d’y assister en tant que représentant des piétons pour la Belgique francophone.

“Walk21” est une organisation caritative internationale dédiée à garantir le droit de marcher et la possibilité d’en profiter. Cette organisation est soutenue et encouragée dans le monde entier.  Elle a pour but de promouvoir la marche en développant des connaissances et en soutenant des projets grâce à un réseau d’experts sur les villes marchables.

Lors de notre visite à Rotterdam, nous avons pu découvrir de nombreuses réalisations sur place mais aussi développer nos connaissances sur ce qu’il se fait de mieux dans le monde en matière de valorisation de la marche comme mode de déplacement au quotidien. Voici quelques exemples des conférences et walkshop que Tous à Pied à pu suivre.

Le mitrominuto de Pontevedra

La ville de Pontevedra (Espagne, Galice) a créé un réseau piétonnier depuis 1999. Pour communiquer sur ces nouveaux itinéraires au grand public, une carte atypique a été produite. Baptisé “Metrominuto”, ce plan représente l’ensemble des itinéraires qui sont de surcroît accessibles aux Personnes à Mobilité Réduite (PMR). A l’instar d’un plan de métro, 21 endroits importants de la ville y figurent comme des points reliés entre-eux par des lignes représentant les liaisons piétonnes possibles. Le temps de parcours (en minutes) et la distance (en mètres) se trouvent sur les branches du réseau.

D’autres villes se sont ensuite inspirées de ce projet pour créer leurs propres cartes comme par exemple Vitoria-Gasteiz, Cordoba, Grenada, Valencia, Cadiz, Terrassa, Ferrara et Modena.

Des villes adaptées aux enfants

Les villes sont souvent très peu adaptées aux enfants. Une conférencière proposait donc quelques recommandations pour aménager les villes pour des enfants de 95 cm de taille. Dans un premier temps, il insiste sur le fait qu’il faut d’abord penser les villes pour les gens et pas pour les voitures. Ensuite, différents aménagements peuvent être réalisés comme :

  • Favoriser la connexion à la nature
  • Développer arts et jeux pour stimuler l’apprentissage dans les rues
  • Fermer les rues pour permettre aux enfants de jouer (ex Libreville au Gabon)
  • Adapter les feux piétons pour les enfants (ajustement du temps de traversée)
  • Rendre accessible l’espace public aux poussettes
  • Créer des rues comme lieu de destination, pour se poser

Nous avons également eu l’occasion de parcourir les rues de Rotterdam en se mettant en situation de parents d’enfants ou d’enfants grâce à divers accessoires comme une poussette ou encore un dispositif permettant de voir ce qu’un enfant de 95 cm de taille peut voir de l’espace public.

Transport en commun et marche

Helg Hillhunter, un scientifique norvégien de la Norvegian University of Science and Technology exposait sa thèse sur le fait qu’un environnement urbain marchable rend plus important le potentiel d’utilisation des transports en commun. En effet, selon ses recherches, il y aurait quatre facteurs d’influence que sont la perception de la distance, l’accès à des services ou commerces au cours du trajet, le réseau de sentiers/trottoirs, et la traversée des rues. En additionnant ces facteurs, il estime que qu’un environnement marchable donnent à un potentiel de 70% d’utilisateur des transports collectifs en plus !

Une argumentation objective intéressante pour prouver une fois de plus l’intérêt d’agir en faveur des piétons.

Retour sur dix années de zones de rencontre en France

Les zones de rencontre sont apparues officiellement au code de la route en 2008 en France. Un bureau d’étude parisien a été chargé de faire le bilan, un peu plus de dix ans après leur officialisation. Plusieurs conclusions sont intéressantes comme le besoin de mieux informer les utilisateurs sur les règles des zones de rencontres, ou encore le fait qu’une zone de rencontre fait partie d’un schéma de hiérarchie routière et que des mesures supplémentaires devraient être mises en œuvre afin d’empêcher le trafic de transit

Néanmoins, des recherches supplémentaires seront nécessaires sur l’impact des zones de rencontre, y compris l’étude de la perception, du confort et des émotions des piétons.

Conclusion

Notre participation à Walk 21 fut donc une expérience très riche pour développer nos connaissances et notre expertise sur la marche utilitaire et de loisir. Cela nous a permis également de développer notre réseau de collaborateurs à l’échelle internationale.

Plus d’info sur: https://www.walk21.com/rotterdam