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La balade du temps du confinement
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La balade du temps du confinement

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En période de confinement, nous sommes tenus de rester chez nous afin d’éviter un maximum de contact en dehors de notre famille proche. Mais l’activité physique en plein air est autorisée et même recommandée. Elle est en effet plus que bénéfique pour la santé physique et mentale en temps normal et donc encore plus dans cette période propice au stress.

Du fait des restrictions imposées, pas question pour le Cominois de prendre sa voiture pour aller se balader en Ardenne ni même pour le Gembloutois de rouler jusque Houyet pour se baigner dans la Semois. On vous rappelle les règles de base dans notre Article  « Je marche seul ». Nous sommes donc amenés à explorer et peut être (re)découvrir notre environnement immédiat.

En France, la promenade doit même se faire dans un rayon d’un kilomètre, une heure maximum. Mesure qui appliquée uniformément sur des territoires différents (ville, campagne…) provoque d’ailleurs des effets parfois contre productifs. Imaginez les 27.000 habitants de la commune de Saint-Josse-ten-Noode, commune la plus petite et la plus dense de la Région bruxelloise, restant concentrés sur les 1,14 km2 du territoire communal.

« J’habite une maison de ville avec un petit jardin en façade. Sortir est donc une nécessité pour pouvoir faire de l’exercice physique. Je me suis cependant vite rendue compte que l’espace public disponible est finalement assez peu étendu quand on doit rester à grande proximité de chez soi.  On se retrouve vite dans des situations où trop de monde prend l’air au même endroit. La balade se transforme alors en un parcours d’évitement afin de respecter les règles de distanciation sociale ». Elise de TàP

Par Zefredz / Frédéric Minne – flickr.com

 

Cette période est l’occasion de prendre conscience que trop souvent, nous faisons des kilomètres et des kilomètres pour arriver au départ d’une balade afin de nous « dépayser ».

« Habitant une nouvelle commune depuis 5 ans, j’ai déjà eu l’occasion d’emprunter les chemins et sentiers de ma commune, souvent en m’éloignant assez bien de chez moi. Confinement oblige, je me suis mis à chercher des nouveaux tracés à proximité de chez moi. Afin d’avoir cette petite bouffée d’air frais mais en respectant les règles. Alors que je croyais avoir déjà bien exploré ma nouvelle commune, je suis tombé sur des sentiers, points de vue, chemins creux dont je n’avais pas connaissance et pourtant si proches. Une multitude de nouvelles petites boucles se sont ainsi ouverte à moi. Pas plus tard que la semaine dernière, je suis tombé sur un sentier réhabilité par un groupe sentier de ma commune dans le cadre de la Semaine des Sentiers ». Boris de TàP

Par Tous à Pied

 

Or, si on en prend la peine (et dans ce cas-ci on y est un peu obligé), il est possible voir des choses merveilleuses et surprenantes pas loin de chez soi.

« 134 ! C’est le nombre exact de jours qui se sont écoulés depuis…mon déménagement en périphérie de Liège. Je vous rassure tout de suite : non, je n’ai pas développé une arithmomanie aigüe à cause du « rester chez soi ». En comptant, j’ai juste pris conscience qu’à l’évidence le petit nouveau du coin c’est bien moi. Et je n’y connais rien sur les chemins que j’arpente d’habitude. Heureusement, j’ai pu compter sur l’accolement des jardins voisins pour en apprendre sur l’histoire de cet escalier très raide fatiguant, sur la présence de cet énorme rocher qui gêne quand-même tout le monde ou encore sur ce génialissime raccourci à travers les briques. Ça m’a fait voyager sans bouger. Aujourd’hui, je me réjouis de reparcourir ces rues bientôt, mais avec un regard nouveau cette fois ». Dimitri de TAP.

Tous à Pied sensibilise à la découverte du patrimoine local, qu’il soit architectural, naturel, culturel…. C’est dans ce type de contexte que les habitants des communes qui ont travaillé à la mise en valeur de ceux-ci sont particulièrement chanceux : guide, balisage, chemins, sentiers, venelles entretenus, impasses indiquées comme débouchantes, parc, espaces verts entretenus et reliés entre eux, permettant d’emprunter des circuits en boucle… autant d’actions qui rendent la vie des promeneurs locaux plus facile. Autant d’actions sur lesquelles notre ASBL travaille depuis de nombreuses années.

« En cette période si particulière que nous vivons, jamais ne se sont croisés autant de personnes sur le RAVeL longeant le canal derrière ma maison. Familles, couples, marcheurs ou cyclistes, l’on dirait que les gens ont réappris à marcher en redécouvrant ou découvrant pour certain.e.s leur territoire de proximité, faute de ne pouvoir prendre leur voiture pour aller plus loin. Une atmosphère conviviale et apaisante s’y installe. Que ce soit un simple bonjour ou une discussion plus longue (à 1m50 de distance quand même 😉 ), cela rend agréable la promenade. Alors qu’il y a plus de monde, chaque personne se partage naturellement la voirie. Des bonnes habitudes à garder dès le retour à la normale… ». Rémy de TàP.

Par Geert Budenaerts – wikipédia

 

Si l’instant présent nous impose de débuter avec notre quartier, notre commune, cette réflexion reste aussi valable sur un terme plus long. Les voyages internationaux risquent d’être perturbés quelques temps encore. Et finalement être touriste dans son propre pays, sa commune c’est permettre le développement de l’activité économique locale. La Belgique regorge de lieux incroyables, insolites, dépaysant…. On a quelques semaines encore devant pour nous pour s’en concocter une petite liste.

Si vous souhaitez en lire plus sur le sujet, Tous à Pied vous invite à parcourir l’article Faire attention au paysage d’Hélène Ancion d’IEW.