Rue scolaire

On en parle de plus en plus. Elles existent en Flandre, démarrent à Bruxelles et arrivent en Wallonie.

Le concept est né dans le nord de l’Italie, à Bolzano en 1989. En Belgique Gand a été la première ville à le mettre en place en 2012/ On y compte déjà 10 rues scolaires. Depuis celles-ci ont été testée notamment à Bonheiden (province d’Anvers), à Crisnée (province de Liège) et à Peer (province du Limbourg).

Une rue scolaire, c’est quoi ?

Il s’agit d’une portion de rue (voie publique) fermée temporairement (+/-30 minutes) à la circulation des véhicules motorisés lors des heures d’arrivées et de sortie des élèves. Elle se matérialise aux accès de cette rue par une barrière mobile sur laquelle doit se trouver le signal C3 complété par un panneau portant la mention « Rue scolaire ».  Certaines écoles y ajoutent également les horaires de fermeture de la rue.

La rue scolaire est réservée aux piétons et cyclistes et y sont tolérés sous certaines conditions les véhicules prioritaires en mission, les véhicules en possession d’une autorisation du gestionnaire de voirie, ceux des  habitants la rue et ceux des conducteurs ayant un garage dans la rue. Les conditions pour circuler en voiture en voiture sont strictes :

  • circuler au pas
  • céder le passage et la priorité aux piétons et cyclistes
  • ne pas mettre les usagers doux en danger

Idéalement, le stationnement doit être possible au-delà de la rue scolaire afin que les personnes ne marchent pas plus de 10minutes.  

Ce concept a été introduit dans le Code de la route le 2 septembre 2018, inscrit au moniteur belge le 10 octobre 2018 et il est d’application depuis le 20 octobre 2018.

Pourquoi mettre en place une rue scolaire ?

Les constats sont évidents : le trafic aux abords des écoles entraîne des situations à risque et des pics de pollution de l’air aux heures d’entrées et sorties des élèves dans les rues où sont situés les bâtiments scolaires et dans les cours de récréation.

Quels sont les avantages et inconvénients d’une rue scolaire ?

Accroître la sécurité est l’avantage le plus flagrant, mais la rue scolaire permet aussi

  • Une meilleure qualité de l’air.
  • Plus de contacts sociaux, plus de convivialité (entre parents et parents-riverains et parents-école).
  • Moins de stress.
  • Plus d’activité physique.
  • Moins de stationnements illicites.
  • Plus d’autonomie pour les enfants.
  • Moins de bruits.

Au chapitre des inconvénients les plus souvent rencontrés, on peut noter :

  • L’obligation d’une présence de personnes pour éviter les infractions.
  • Le report de problème de circulation un peu plus loin.
  • Le manque de changement de comportement en termes de report modal.

Idéalement il est donc nécessaire que la mise en place d’une rue scolaire fasse l’objet d’une réflexion plus globale sur la mobilité du quartier où se situe l’école.

Comment mettre en place une rue scolaire ?

La mise en place d’une rue scolaire requiert une autorisation communale et une motivation de tous les acteurs.  Ce projet s’accompagne idéalement d’une phase test d’environ 3 mois, ce qui permet à tous les acteurs de se familiariser à ce changement et d’en faire une analyse rigoureuse.

Les étapes clés (non exhaustives) dans l’aménagement d’une rue scolaire sont :

  1. L’étude de faisabilité du projet. En effet, pouvoir répondre à la question « Pourquoi mettre en place une rue scolaire ?, il faut

Réaliser une brève enquête du trafic  (notes, photos, etc.):

  • Qui sont les différents usagers ? (Pompiers, éboueurs, parents,  riverains, car scolaire, transports publics …)
  • Quelle sera l’influence de la fermeture de la rue sur la circulation des rues avoisinantes ?
  • Existe-t-il des itinéraires alternatifs pour les véhicules ?    
  • À partir d’où et jusqu’où ferme-t-on la rue ?

Mesurer la qualité de l’air à l’entrée de l’école.

Produire un questionnaire à l’attention des parents, du personnel enseignant, des riverains et des commerçants, etc. et cela pour connaître leurs intérêts, leurs craintes, l’aide qu’il pourrait donner, etc. Cela peut se faire par voie électronique ou papier.

Répondre à la série de questions suivantes (liste non exhaustive)

  • Est-ce que cette rue donne bien accès à l’école ?
  • Est-ce que l’école et la commune sont motivées à tester une rue scolaire ?
  • Est-ce que cette rue est locale et non une rue principale en matière de circulation ?
  • Est-ce que cette rue a plutôt un caractère résidentiel (peu ou pas de commerces) ?
  • Est-ce qu’il y a assez de place de parking dans un rayon de 10 min à pied de l’école ?
  • Est-ce qu’il y a la possibilité de créer des dépose-minute proches de la fermeture ?
  • Est-ce qu’il y a beaucoup de garages dans la rue ?
  • Est-ce qu’il y a une ligne de transport public régulière dans la rue ?
  • Est-ce qu’il y a la possibilité d’itinéraire alternatif si cette rue est une voie de passage ?

      2. L’obtention de l »autorisation. L’école doit adresser une demande officielle à la commune. Les parents et riverains peuvent soutenir cette demande via un courrier. Une fois l’accord passé, il est utile de définir les tâches de chacun.

     3. La communication autour du projet avant, pendant et après la phase test. Idéalement les parties suivantes doivent être tenues informées:

  • le personnel éducatif et autre
  • les parents,
  • les riverains,
  • les commerçants,
  • les enfants,

   4. La mise en place de la phase test et l’évaluation. Trois mois sont conseillés. L’évaluation commençant lors du dernier mois. Il s’agit :

  • d’observer et analyser.
  • mesurer la qualité de l’air à l’entrée de l’école.
  • mettre en place une surveillance policière les premiers jours.
  • mettre en place le matériel adéquat : barrières Nadar, panneaux légaux (C3) et complémentaires aux besoins (indiquant les heures de fermeture, etc.).
  • désigner les personnes responsables de la mise en place et du retrait des barrières aux 2 côtés de la rue : gardien de la paix, volontaires parmi l’équipe pédagogique, parmi les parents… Une formation est nécessaire.
  • consulter les différentes parties pour obtenir leur avis.

   6. La décision quant à l’avenir de la rue scolaire, prévoir des améliorations, de petits changements. Au besoin il peut être opportun de refaire une seconde phase test, après y avoir apporté des solutions.

Pour aller plus loin

Bruxelles Mobilité a rédigé un guide pour la mise en œuvre d’une rue scolaire à l’attention des écoles et communes.

Une évaluation après 5 ans d’existence de rues scolaires à Gand a été rédigée par Tractebel « Schoolstraten als ondersteuning van een veilige schoolomgeving ».

La Wallonie travaille elle aussi à la rédaction d’un guide.

 

By | 2019-02-25T09:59:26+01:00 21 février 2019|Non classé|