Atlas vicinaux : les réactualiser, oui, mais méthodiquement

Groupe technique au travail - © Sentiers.be

Groupe technique au travail – © Sentiers.be

Dans le cadre de la révision de la législation concernant les voiries communales (voir « Chemins et sentiers publics : Révision de la législation en bonne voie » par Juliette Walckiers), il est prévu, à terme, de réactualiser les anciens atlas vicinaux. Transformer ces vénérables documents âgés de 165 ans en un atlas à jour et avec les outils technologiques actuels est une tâche immense et méticuleuse.

La méthode pour y parvenir doit être précise, objective et prévoir les balises et les principes qui encadreront cette réactualisation. Les voiries vicinales ne sont pas uniquement concernées puisque le Gouvernement wallon a également demandé d’y inclure aussi les autres voiries communales.

Le sous-groupe de travail « {méthodologie – cartographie} », piloté par Amélie Ledent détachée au département de la Géomatique (DIG), imagine et propose cette méthode basée sur l’expérience de chacun des participants du groupe. Celui-ci comprend, entre autres, des techniciens aguerris des services techniques provinciaux, des responsables régionaux capables de maîtriser différentes matières telles que la loi sur le remembrement ou le CWATUPE, une responsable du cadastre pour établir le lien avec cet outil, etc.

Sentiers.be y est également représenté pour partager son expérience de terrain en matière d’inventaire des petites voiries et y proposer sa méthode d’analyse multicritères destinée à imaginer un réseau de chemins et sentiers publics le plus cohérent possible tout en tenant compte du contexte territorial présent et à venir.

La situation de droit : Quelles voiries sont encore concernées ?

Avant d’analyser la situation de terrain, il est important de connaître précisément les voiries encore concernées, c’est-à-dire les voiries ayant encore une existence légale. Les voiries vicinales, mais aussi celles issues des remembrements, les voiries innomées ou encore les voiries des cantons de l’Est pour lesquels il n’existe pas d’atlas vicinaux. Ce travail d’archiviste et de cartographie est la spécialité des services techniques provinciaux.

La situation de fait : Qu’en est-il dans la réalité de 2012 ?

Quand la situation de droit est établie, il est nécessaire de la comparer à la situation de fait, c’est-à-dire de connaître l’état réel de ces voiries sur le terrain. Pour se faire, Sentiers.be à proposer sa méthode déjà bien rodée. Celle-ci est basée sur la participation citoyenne soutenue par un accompagnement technique et méthodologique adapté aux situations locales et dont les résultats sont recoupés et vérifiés par les spécialistes de terrain que sont les commissaires voyers, les agents du DNF ou encore les agents communaux.

Le contexte territorial : A quoi et à qui servent et vont servir les chemins et sentiers ?

La superposition de la situation de droit et de la situation de terrain donne une première idée de l’état du réseau des voiries communales. D’un point de vue des usagers doux, les voiries routières ne posent pas de problèmes hormis ceux liés à la sécurité et peuvent directement intégrer l’avant-projet de nouvel atlas.

Par contre, les voiries non routières, c’est-à-dire les chemins et sentiers publics, de pleine propriété communale ou sous forme de servitudes publiques de passage, font l’objet d’enjeux importants. Le risque d’organiser un « grand nettoyage » de façon anarchique et sans discernement existe. Il est donc indispensable de connaître l’utilité actuelle et future de ces voiries.

Pour ce faire, Sentiers.be propose une méthode d’analyse multicritères basée sur quatre grands thèmes :

  • la mobilité et l’aménagement du territoire ;
  • les loisirs et le tourisme ;
  • l’écologie ;
  • le patrimoine historique, bâti, naturel ou paysager.

Les critères proposés et pondérés permettent le classement le plus objectif possible des tronçons de voirie dans une échelle de valeurs. Ce traitement permet ensuite d’élaborer une proposition de réseau cohérent et complet sous forme d’aide à la décision pour la commune et constituer une bonne base dans le cadre de la concertation prévue par la méthodologie de réactualisation.

Connaître l’existence légale et l’emplacement d’un tronçon de voirie, c’est bien, mais savoir à quoi et à qui il sert et présager de son avenir en fonction de son contexte territorial présent et futur, c’est mieux. Il s’agit de faire preuve de prévoyance vis-à-vis des générations suivantes qui, espérons-le, ne pourront plus penser qu’il y a trente ou quarante ans, on ne faisait pas attention à ces « choses-là »…

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Auteur : Christophe Danaux – Sentiers.be

By | 2018-06-11T06:55:00+01:00 21 juin 2012|Législation|

One Comment

  1. KNOPS 18 mars 2014 at 14 h 28 min - Reply

    Cette politique de sauvegarde est très valable mais elle suppose des moyens financiers communaux en conséquence pour l’entretien des voiries réservées plus spécialement aux modes doux.
    Or, les communes connaissent généralement de gros problèmes budgétaires !

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